10/09/2016 - Réflexion d'un jeune prêtre :

Qu’est ce qu’une « belle Messe » ?


 « Merci M. le curé, c’était une belle Messe ». Qui n’a jamais entendu cette expression ? Dans quelles circonstances ? Souvent à la fin d’une Messe de type « Grand rassemblement » où, hélas, règnent le subjectivisme et le sentimentalisme. On s’est donné la main au « Notre Père », on a échangé des petites pensées épinglées sur des poissons découpés dans du carton, on a lâché des ballons sur le parvis de l’église. Mais est cela : « Une belle Messe ».
Quittons un instant les critères subjectifs pour discerner objectivement à quoi correspond une "belle messe"... C’est avant tout une célébration digne et sobre dans le respect des règles liturgiques établies par l’Eglise. Il n’est pas question d’un vague sentimentalisme pseudo-religieux (on est bien ensemble...) mais d’une union mystique avec le Christ qui renouvelle sur l’autel son offrande au Père par le ministère du prêtre. Face à un si grand mystère, tous, prêtres et fidèles s’effacent pour laisser paraître le Christ. La célébration de l’Eucharistie n’est pas un spectacle destiné à satisfaire les besoins socio-affectifs des prêtres et des fidèles mais une action sacrée destinée à les introduire dans une autre réalité. Cela n’est possible que quand le superflu (a fortiori le superficiel) laisse la place aux gestes sacrés effectués calmement sous le regard de Dieu. Une « belle Messe », c’est chaque fois qu’un prêtre, pleinement conscient de son sacerdoce, offre au Père éternel son Fils bien-aimé. Dès lors, tout disparaît. Il n’y a plus besoin d’artifice. Le rite se suffit à lui-même... Inventer d’autres gestes que ceux qui se trouvent dans le missel, célébrer autrement que selon les normes établies par l’Eglise, c’est douter de l’efficacité du rite donné et reçu dans la foi.

Abbé P. L.