19/09/2016 - Conseils aux prêtres de Mgr Pascal N'Koué

Conseils aux prêtres par Monseigneur Pascal N’Koué


Ne vous habituez surtout pas à circuler sans votre habit ecclésiastique, sous prétexte que « l'habit ne fait pas le moine ». Un prêtre âgé aimait recommander aux jeunes prêtres le port de l'habit en ces termes: « Portez votre préservatif ». A sa suite, je lance ce vibrant appel à tous les prêtres: « portez votre préservatif ». J'insiste. Il ne préserve peut-être pas de tout mais de beaucoup de choses. Ne vous contentez pas de porter une petite croix au cou, ce n'est pas un habit. Portez votre habit ecclésiastique toujours et partout... évidemment pas jusque dans la douche! Encore qu'autrefois nos aînés dans le sacerdoce jouaient au football en soutane. 

Notre Peuple veut nous voir habiller « en prêtre ». Pas de négligence là-dessus. Pas de demi-mesure. C'est un témoignage silencieux qui n'est pas banal. Il dit notre appartenance spécifique à Dieu et à l'Église. N'ayons pas honte d'affirmer notre identité. Attention donc au relativisme qui pousse au confusionnisme avec les laïcs.

En outre - et j'aurais dû commencer par là - soyez des hommes de prière. Le prêtre doit nourrir sa propre vie spirituelle par une abondante vie de prière personnelle. La liturgie des heures (ou Bréviaire), prière officielle de l'Église, est là pour nous aider. Soyez fidèles à la méditation matinale. Aimez aussi les adorations eucharistiques où vous parlez cœur à cœur avec le Christ, réellement présent devant vous. Que votre dévotion eucharistique transparaisse aux yeux des fidèles, qui seront ainsi encouragés par leur Pasteur, à vivre en communion avec Dieu. Conduisez-les au Christ par la prière et la contemplation.

Enfin, soyez disponibles et serviables. Le célibat consacré devrait vous y aider. Un vieux prêtre se plaignait des jeunes prêtres ainsi : « Tant qu'ils ne sont que séminaristes, ils sont serviables. Mais dès que l'Esprit s'empare d'eux pour en faire des prêtres, on ne peut plus s'en servir ». Soyez donc serviables avant et surtout après l'ordination. Le Christ est venu pour servir: en son nom, visitez les familles, les malades et les prisonniers. Soyez miséricordieux et proches de tout le monde.

N'ayez pas honte si l'on vous surnommait « amis des publicains et des pécheurs »: ce fut le plus beau surnom de Notre Seigneur Jésus. Bénissez les maisons et les personnes. Prenez aussi le temps d'écouter ceux qui viennent vous parler. Si votre écoute est attentive, paternelle et spirituelle, vous ferez mieux que les psychologues, les psychanalystes et les marchands d'illusions.

Même si vous n'êtes pas musiciens, intéressez-vous au chant sacré, veillez à la qualité des actions liturgiques. Le chant sacré doit répondre à la dignité, à la gravité et à la sainteté de la liturgie. Que les instrumentistes jouent humblement pour la gloire de Dieu et l'édification des fidèles. Qu'ils évitent d'offenser la piété du peuple par des danses purement folkloriques et des battements de mains intempestifs.

Que vos célébrations soient empreintes de silence, de recueillement et de respect vis-à-vis de la majesté et de la transcendance de Dieu. En effet, le saint Sacrifice de la messe célébré à la va-vite, de façon négligée et superficielle, en vide le sens et affaiblit sa fonction d'accroissement de la foi. Celui qui célèbre mal manifeste la faiblesse de sa foi et peut démolir celle des autres. Bien sûr que l'essentiel n'est pas le rite en lui-même, mais le cœur habité par la présence divine et l'intention de faire ce que l'Église veut. Souvenez-vous que les premières eucharisties avaient lieu dans des maisons aux portes closes, non point par souci du secret mais pour préserver ceux qui étaient encore trop faibles pour participer à de tels mystères... Indiquez à temps et à contre temps le chemin du ciel aux hommes, toujours tentés de regarder uniquement vers la terre. Soyez convaincus que le prêtre est indispensable à la société.