20/09/2016 - Amen ou ainsi soit-il ?

« Amen » - « Ainsi soit-il »


A la fin des prières, on entend souvent « Amen ! », parfois « Ainsi soit-il ». D’où viennent ces expressions ? Pourquoi les employer ? Dans la prière liturgique, la question ne se pose pas. Tous répondent « Amen ».

« Amen ! »

« Amen » est un mot hébreu, de même que « Hosanna » ou « Alleluia ». Ces expressions nous plongent dans l’Ancien Testament et nous rappellent que la liturgie catholique a ses racines dans la Tradition juive.

Le mot « Amen », est difficile à traduire. Il faut l’employer tel quel en sachant qu’il est à l’origine des mots « foi » (emouna), « confiance » (amana) et de l’adverbe « assurément » (amna). Jésus l’emploie fréquemment au début de ces enseignements : « Amen, amen, je vous le dis ». La répétition du mot donne une autorité, une force nouvelle à la parole du Christ.

Lorsque le fidèle dit « Amen ! », il adhère de tout son être à ce qu’il vient de proclamer, il fait profession de foi. A la fin de la prière eucharistique, « Amen » vient sceller ce moment solennel où le Christ s’offre en sacrifice sur l’autel. Au moment de la Communion, quand le fidèle reçoit le Corps du Christ, il redit avec confiance ce petit mot qui exprime sa foi en Notre-Seigneur Jésus Christ présent dans l’hostie.

« Amen » est un cri de foi, un cri de victoire qui vibre sur terre et trouve un écho dans le ciel où les anges et les saints s’unissent à la prière de la terre. Il est notre « oui » sans cesse actualisé, un jalon quotidien dans notre marche vers Dieu. Peu à peu, façonné par la prière liturgique, la vie du chrétien devient « liturgie », c'est-à-dire une agréable offrande à Dieu, qu’il est appelé à célébrer de tout son être.

« Amen » ne se dit pas à voix basse et par habitude... Il s’énonce clairement : « Oui, c’est vrai, j’y crois de tout mon cœur ! ».
« Ainsi soit-il »

L’adage affirme que traduire, c’est trahir... Autrefois, les prières se terminaient par « Ainsi soit-il ». Certains fidèles utilisent toujours cette formule. Il semble même qu’elle soit devenue un bon indicateur du milieu dans lequel on se trouve.

Historiquement, « Ainsi soit-il ! » est la transposition française de la traduction de l’hébreu au grec. Dans le langage courant, ce mot exprime davantage le souhait que l’affirmation de foi. Qu’il soit ainsi... ou pour reprendre les mots de la Vierge Marie : « Qu’il m’advienne selon ta parole ». L’expression est belle, mais il faut constater que la signification n’est pas la même !

« Ainsi soit-il » est donc une traduction imparfaite. Il est préférable de dire « Amen », expression forte qui plonge ses racines dans la grande Tradition de l’Eglise. Avec les croyants des siècles passés, redisons avec confiance ce petit mot, chargé d’histoire et de foi !