28/09/2016 - Liturgie : Problème actuel


La liturgie, le rituel de la Messe, la façon de célébrer, les abus liturgiques... suscitent régulièrement des débats dans l’Eglise, parmi les prêtres et les fidèles. Le sujet est sensible, surtout depuis la réforme liturgique initiée lors du concile Vatican II. De fait, le missel de 1969, appelé aujourd’hui « rit ordinaire » a remplacé le missel dit de « Saint Pie V » dénommé désormais « rit extraordinaire ». Depuis le Motu Proprio « Summorum Pontificum » de Benoît XVI, tout prêtre peut célébrer selon l’une ou l’autre forme.

Cette possibilité suscite à juste titre de nombreuses questions. En effet, selon quels critères choisir et/ou préférer un rit plutôt que l’autre ? Un rit est-il meilleur que l’autre ? La réforme était-elle nécessaire ? A-t-elle été bien comprise et appliquée ?

A considérer la situation globale de l’Eglise, on peut affirmer que la majorité du clergé célèbre dans la forme « ordinaire ». Une minorité, regroupée dans les Instituts « Ecclesia Dei », de tendance traditionnelle célèbre dans la forme « extraordinaire ». Utiliser le mot « minorité » n’est pas un jugement, mais une réalité car ces divers Fraternités et monastères regroupent quelques centaines de prêtres sur les quatre cent milles que compte l’Eglise catholique.

Le rit « ordinaire » de la Messe (appelé par certains la « Nouvelle Messe » ou la « Messe moderne » !) est hélas souvent connu par ses abus. En effet, qui n’a jamais assisté à un semblant de liturgie où se retrouvent ballons à gonfler, panneaux en frigolite, « rondes d’amitié » autour de l’autel et bavardages intempestifs de « Mamies bigoudis » qui se relayent au micro pour commenter les lectures. Ces abus ne doivent pas occulter le Missel dans son édition typique latine, orienté et célébrée dignement. Dans ce domaine, un peu de bonne volonté et quelques explications peuvent convaincre la majorité des fidèles. Malheureusement, beaucoup d’abus sont maintenant bien ancrés dans les pratiques et les déraciner semblent impossibles. Mais ce n’est pas parce qu’il y a des abus que l’ensemble est mauvais et condamnables. Les abus existaient avant 1962 ! Il suffit d’entendre certains anciens qui se rappellent des Messes « traditionnelles » expédiées en 18 minutes et des prêtres vomissant littéralement  les prières, le tout avec des ornements à la propreté douteuse. De telles pratiques ne jettent pas le discrédit sur le missel de Saint Pie V. Ils sont a déplorer, tout comme les abus actuels !

Aujourd’hui, on ne peut pas occulter la Réforme liturgique. On ne peut pas faire comme si rien n’avait changé sous peine de schizophrénie. Le missel de 1969 fait désormais partie de la vie de l’Eglise, qu’on le veuille ou non. Le rejet, explicite ou implicite de la Messe restaurée par le pape Paul VI divise malheureusement l’Eglise en « progressistes » qui légitiment les abus et les « traditionnalistes » qui défendent une Messe « de toujours » fixé dans une forme « définitive » qui historiquement n’a jamais existé. En effet, en étudiant l’histoire de la liturgie, on s’aperçoit que des « nouveautés » ont été introduites régulièrement dans cette messe « de toujours »... Par exemple, le dernier évangile de la Messe de Saint Pie V est introduit définitivement au seizième siècle. Est-ce à dire que les Messe célébrée antérieurement n’étaient pas traditionnelles ? Et c’est sans parler des particularités locales. Dans ce sens, il est possible que si certains fidèles « traditionnels » d’aujourd’hui avaient vu célébrer le Saint Curé d’Ars dans le rit lyonnais et s’attardant à la Consécration, ils auraient hurlés aux abus liturgiques... N’oublions pas que l’Eglise et l’Autorité suprême sont responsables de la liturgie et de son éventuelle Réforme. Les formes ont changées aux cours des siècles. Le nier est une méconnaissance historique. Comme expliqué plus haut, qu’il y ait des imperfections est inévitable et peut être corrigé. Tout rejeter au nom de quelques imperfections et des abus, c’est s’ériger en juge de l’Eglise et « faire du protestantisme à l’envers ».