14/10/2016 - Bricolage liturgique

Dans la plupart des paroisses, on assiste à des célébrations que l’on peut facilement ranger dans trois catégories.

Dans la première catégorie, sans doute la plus répandue, la liturgie est inventée, « renouvelée » chaque dimanche, bien loin des rubriques du missel romain. L’équipe liturgique fait office de magistère local et impose à une assemblée clairsemée les poncifs du moment. Après des décennies d’expérimentation et de promesses de renouveau pastoral, il faut reconnaître l’échec de cette option. Les gestes sacrés de la liturgie romaine font place à des célébrations douteuses vidées de toute transcendance. Elle ne produisent que des fruits à très courts termes et les générations d’enfants du catéchisme obligés d’y assister s’y succèdent sans aucune persévérance.



Dans la deuxième catégorie, beaucoup moins répandue, la liturgie est réinterprétée à partir de certaines rubriques de l’ancien missel. Cette option part d’une bonne intention mais aboutit également au subjectivisme. Le prêtre se fait également « Docteur en liturgie » et juge lui-même les gestes qu’il faut réintroduire dans le missel de Paul VI. On assiste à une messe « fourre-tout » au relent tridentin « modernisé ». Cette tentation, très fréquente chez les prêtres « classiques » est justifiée par un désir d’unité entre les formes ordinaire et extraordinaire du rite romain, en considérant que ce qui n’est pas formellement interdit par le missel restauré est permis. Le bulletin liturgique officiel « Notitiae » déclare le contraire en rappelant que « quand une règle n’est pas précisée, il ne faut pas automatiquement supposer que la rubrique ancienne prévaut ».



Dans la troisième catégorie, encore moins répandue, la liturgie est scrupuleusement respectée selon les rubriques du missel romain. La beauté du rite est mise en relief par la noble simplicité des gestes du prêtre qui respecte à la lettre ce qui est écrit. Cette option est celle de la fidélité à l’Eglise et au dernier Concile qui n’a pas « fabriqué » une nouvelle messe mais à souhaité rendre au missel sa beauté primitive par la suppression d’ajouts parfois tardifs. Ces célébrations, où chacun agit à la place voulue par l’Eglise (acolytes, lecteurs, chantres...) élèvent les âmes vers Dieu et font entrer dans le mystère eucharistique.


Il est important que le prêtre et les fidèles reçoivent le missel dans la foi et l’obéissance à l’Eglise. Y ajouter ou y retrancher quoi que ce soit, c’est tomber dans un particularisme fort éloigné du véritable esprit catholique, c’est-à-dire universel.