16/10/2016 - Promenade sur le web



Régulièrement, je consulte les sites d’informations religieuses. Ainsi, je me promène virtuellement dans certains diocèses, je regarde les photos de célébrations et de pèlerinages des différentes fraternités sacerdotales ou communautés religieuses. Ce gentil passe-temps est souvent très instructif car la présentation de ces sites illustre la façon dont leurs responsables se perçoivent et se présentent. Pour faire bref : « Dis-moi ce que tu montres de toi sur Internet et je te dirai qui tu es ». Ici, il n’est pas question de polémique mais uniquement d’un avis (purement subjectif) concernant des photos, des articles et des commentaires visibles sur des sites officiels !

Récemment, j’ai consulté le site officiel d’une fraternité « traditionnelle » (forme extraordinaire). J’ai regardé attentivement les nombreuses photos des célébrations et j’ai partagé mes avis avec un ami prêtre. Ce qui a retenu notre attention, c’est l’impression de « vieux » qui se dégage de ces clichés... Il est quasiment possible de sentir le suint à travers l’écran. Pour la Messe solennelle, on voit un prêtre revêtu d’une chape verte trop courte, puis d’une chasuble romaine visiblement décolorée et usée par les années. Une photo montre un voile de lutrin de la même « couleur » qui « pendouille » et traine sur le sol. Tout est du même tonneau et manque de fraîcheur... oserais-je dire de dignité... Sur le même site, mais à l’occasion d’un pèlerinage, on voit un prêtre portant une chape blanche élimée jusqu’à la corde et bordée d’un galon anciennement doré et tout oxydé. L’impression qui s’en dégage est triste... Tout semble figé à une époque. Tout a certainement été beau et propre... mais il y a cinquante ans...

Transition radicale, j’ai ensuite regardé les photos d’une « messe pour enfants » sur le site d’un diocèse français (Forme ordinaire). On y voit un prêtre affublé d’une simple étole en tricot (merci mamy !). Tous font une ronde autour de l’autel. Ici, il est quasiment possible d’entendre le brouhaha à travers l’écran. Rien n’élève l’âme... Il n’y a pas de croix sur la table qui sert d’autel, mais de nombreux gribouillis (dessins ?) qui cherchent sans doute à illustrer l’évangile du jour. Ici aussi, tout semble figé à une époque. On est au début des années quatre-vingt. Visiblement, le prêtre doit répéter son numéro depuis cette époque, sans remise en question... finalement dans un esprit très « traditionnel » !

L’impression générale est la même à la vue de ces deux sites. Le temps s’est arrêté des deux côtés, mais la montre ne donne pas la même heure... Tous vivent dans l’illusion d’une époque révolue, dans le déni de la vie présente de l’Eglise. La conclusion semble facile. Est-ce si difficile de célébrer comme le demande l’Eglise, en appliquant les rubriques du Missel actuel ?  L’application de la réforme liturgique n’en est qu’à ses débuts. Certains signes sont encourageants. De-ci de-là, on commence à voir des prêtres et des communautés prêts à relever ce défi. Deo gratias !

Abbé P.L.