21/11/2016 - La propreté au service de la liturgie

Quand je visite une église, la première chose que je regarde (après le tabernacle bien entendu !), c’est l’état de propreté de la maison de Dieu ! La nappe de l’autel est est-elle propre et bien repassée, les fleurs sont-elles fraîches ou en plastique, le tapis est-il impeccable ou souillé ?... L’atmosphère est-elle accueillante ou triste et sale ?
Cette question peut sembler anecdotique. Au contraire, elle est essentielle car l’état d’une église en dit long sur le prêtre qui en a la charge et sur l’équipe qui veille sur elle. Ici, il n’est pas question de richesses mais simplement de la dignité du culte. Quand je vois un corporal froissé qui traîne à l’année sur l’autel dont le seul ornement est  un « faux-cierge » jaunâtre sur un chandelier qui n’a pas été nettoyé depuis des décennies,  j’imagine les célébrations... Quand je peux y assister, j’ai souvent la confirmation de mes craintes. Aube à la couleur douteuse et jaunie autour du cou, évidemment pas de chasuble, calice oxydé... Quelle tristesse. Comment, à la vue d’un tel spectacle, expliquer aux incroyants que l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Eglise ? Une église peut être dépouillée... elle ne peut jamais être sale. Le linge et les ornements peuvent être simples... ils doivent toujours être propres !La liturgie est un avant-goût du ciel. Les célébrations doivent tendre vers cette réalité. Au nom d’une simplicité mal comprise, on est parfois tombé dans un laisser-aller de mauvais aloi. Il n’est pas toujours possible d’acheter du linge d’autel... il est toujours possible de le lessiver et de bien le repasser !

Quand j’aborde cette question avec des prêtres que je rencontre, j’entends souvent la même explication. On fait ce qu’on peut, avec ce que l’on a, et le nombre de paroissiens diminue sans cesse ! Oui bien sur, mais dans ce cas, n’est-il pas urgent de recentrer le culte dans une seule église bien entretenue et accueillante plutôt que de maintenir des célébrations dans une multitude d’églises vides et peu accueillantes ? Quand les conditions ne sont plus réunies pour que la Messe soit dignement célébrée, faut-il aller « jusqu’au bout du bout » ou regarder lucidement la situation ? Je suis convaincu qu’une seule Messe bien célébrée dans une église propre est un témoignage de foi éloquent.


La question de la propreté des églises et des objets du culte doit être au centre des préoccupations sacerdotales. L’autel n’est-il pas le premier « outil de travail » du prêtre, le point de départ de chacune de ses journées. La négligence dans ce domaine ne peut s’expliquer que par la routine qui peut à peu ferme les yeux et oublie le caractère sacré du Sanctuaire.

Cet oubli n’est hélas pas un fait nouveau. Dans un livre publié en 1883, « De la mission de l’Eglise dans la crise actuelle », l’abbé Balme-Frézol dresse un constat sans appel. « En ce qui regarde la propreté, on ne saurait trop déplorer la négligence et l’insouciance des curés et des prêtres en général à cet égard. Dans un grand nombre de paroisses, les objets affectés au culte sont dans un état déplorable de vétusté ou de malpropreté. Les nappes d’autel, les linges sacrés ne sont renouvelés que lorsqu’ils sont tout à fait repoussant. Les ornements dont on se sert ressemblent à de véritables oripeaux. Sans nous livrer aux réflexions qu’un état des choses pourraient faire naître, nous nous bornerons à demander à Messieurs les curés s’ils consentiraient à se servir d’objets semblables pour leur table, leur toilette, leur ameublement ; s’ils trouveraient bon qu’on ne prit pas autrement soi de ce qui est à leur usage personnel qu’ils n’en prennent eux-mêmes de ce qui est affecté au service divin. Est-ce trop leur demander que de réclamer, pour la maison de Dieu, l’ordre et la propreté qui règnent dans leur propre habitation ? »

La conclusion est simple. Si vous êtes confronté à ce genre de situation, ouvrez les yeux et cherchez des solutions. Réveillez-vous ! Un peu de bonne volonté peut faire des merveilles à condition de ne pas s’habituer à la médiocrité. Au travail, et bon courage !