28/11/2016 - Préparer la messe ?


Dans certaines paroisses, il existe une équipe dont la fonction est de « préparer la Messe ». Sous cette expression culinaire se cache une dérive liturgique qui semble aujourd’hui bien ancrée.

Si « préparer la Messe » consiste à approfondir ses connaissances liturgiques, méditer l’Ecriture Sainte et étudier les textes fondamentaux du Magistère de l’Eglise sans aucune implication cultuelle, ce genre d’initiative est à encourager.

Mais souvent, « préparer la Messe », revient à trafiquer les rites, à en omettre ou à en ajouter, à introduire des gestes incongrus (mais si « parlant » pour les « hommes et les femmes » d’aujourd’hui) dans la liturgie, pourtant codifiée par l’Eglise. Il est bon de rappeler que la Messe ne s’invente pas chaque dimanche mais qu’elle se reçoit comme un don de Dieu. Dans cette optique, il n’y a rien (ou presque !) à préparer ! Il n’y a qu’à appliquer ce qui est écrit dans le missel !

L’unique préparation consiste en une répartition (et répétition !) des services : lecteurs, acolytes, chantres... Il n’y a pas besoin de réunions interminables pour cela !

Cas particuliers

1. La prière universelle

Il s’agit habituellement de plusieurs intercessions ou intentions de prières proposées aux fidèles avant la Présentation des dons (Offertoire). Cette partie de la Messe qui conclut la Liturgie de la Parole ne doit pas devenir une tribune d’actualités mais inviter simplement à la prière. Il est bon de rappeler que des formulaires existent dans le Missel romain et qu’un livre officiel de prières universelles a été édité dans le cadre de la réforme liturgique. Ces prières se caractérisent par leur sobriété et empêchent de nombreux dérapages. Rédiger des prières destinées à l’usage liturgique est réservé à l’autorité compétente et nullement à une équipe dépourvue de formation théologique.

2. Le choix des chants

Il s’agit des cantiques exécutés pendant la Messe. Ici aussi, il convient de rappeler que la fonction première des cantiques est d’élever l’âme vers Dieu. Pour ce faire, il faut bannir des célébrations les chants profanes et ceux dont la musicalité est de qualité médiocre. Afin d’éviter une production abondante de photocopies et de cantiques « jetables » chaque semaine, il est bon de s’en tenir à un recueil établi qui propose des pièces pour chaque temps liturgique. Indéniablement, la répétition des mêmes cantiques, année après année, façonne la piété des fidèles. Rappelons à nouveau que le concile Vatican II a vivement encouragé le Grégorien dans la liturgie paroissiale. Beaucoup semblent sourds à cet appel !

Dans ce domaine également, le choix des cantiques ne doit pas faire l’objet de réunions interminables mais il revient au chef de chœur en accord avec le Curé de la paroisse. Une formation musicale et un sens liturgique sont deux qualités indispensables pour remplir cette fonction. Il est parfois préférable d’assister à une Messe lue que de subir un massacre musical et vocal même bien intentionné !