17/02/2017 - La Messe est une semence d’éternité

 
Moïse a libéré le peuple élu de l’esclavage en Egypte et a reçu de Dieu la mission de le conduire jusqu’à la terre promise en traversant la Mer rouge à pieds secs. Pendant quarante ans, le peuple a fait l’expérience du désert, espérant le jour béni où il atteindrait enfin un pays merveilleux. Durant ce temps d’épreuve et de doute, Dieu ne l’abandonne pas et le nourrit de la Manne, nourriture descendue mystérieusement du ciel. A la suite du peuple juif, l’Eglise est aussi en marche vers la Jérusalem céleste. Les eaux du baptême libèrent le peuple chrétien de la servitude du péché et lui font désirer les biens éternels. Il marche vers le ciel, nourris par Dieu.

Dès lors, le monde n'est plus pour nous le lieu de l'esclavage et de la désespérance. Il n'est cependant pas encore celui de la liberté totale et de la joie parfaite. Nous avons quitté les idoles mais nous n'avons pas encore vu celui que nous adorons. Nous sommes tout au long de notre vie en marche vers la patrie. Saint Paul nous enseigne que « Nous n'avons pas ici de demeure permanente ». Nos maisons et nos églises sont comme les tentes des Hébreux, et l'Eucharistie est notre manne.

L'Eucharistie est un viatique, c'est-à-dire la nourriture des voyageurs. L'homme qui marche vers un pays lointain ne cherche pas à s’installer. Il s’arrête régulièrement pour refaire ses forces et reprendre la route pour arriver au but. Telle est l'Eucharistie qui a pour mission de nous conduire au ciel. Notre messe est cependant plus que le repas du voyageur, car elle nous donne réellement celui que nous cherchons. Le corps du Christ que nous recevons n'est pas une nourriture terrestre, c'est déjà l'aliment du ciel qui est déposé en nous comme un ferment de résurrection. « Si quelqu'un mange de ce pain, il aura la vie éternelle » enseigne le Christ. La messe est une semence d'éternité.

Dans l’Evangile, Jésus nous apprend que le royaume de Dieu est semblable à un banquet. Il insiste sur ce point quand il institue l'Eucharistie : « Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'au jour où avec vous je boirai un vin nouveau dans le royaume du Père. » Le Ciel est donc un banquet à la table de Dieu. Tout comme le repas que prend le voyageur lui fait penser à la table qui l’attend au terme de sa route, l’Eucharistie soutient notre marche ici-bas. Nous sommes invités par Dieu à un grand rassemblement : Une foule immense de toute nation, de toute tribu, de toute race, de toutes langues..., avec les martyrs, les vierges, les saints, réunis autour des apôtres et du Christ.

Le ciel est une fête éternelle découlant de la vision de Dieu. Au terme de la route, la claire vision nous attend, préparée bien imparfaitement par notre vie de tous les jours tendue vers notre Créateur. Dans l’Apocalypse, Saint Jean décrit la foule des élus vêtus de vêtements blancs, ayant des palmes à la main, et qui chantent leur allégresse. Dans le face à face de la vision, l'homme se laisse porter par le chant d'action de grâces et d'amour jaillit de son cœur.

Le ciel et la Messe sont donc : banquet éternel, rassemblement, fête, conversation avec  Dieu et offrande. La messe est l’annonce de cette réalité et sa représentation ici-bas. C'est dans cette espérance que les fidèles sont invités à chanter à pleine voix les deux mots qui expriment la joie du peuple de Dieu : « Amen, Alléluia ».