28/02/2017 - Réflexion

Un moine bénédictin faisait remarquer que le goût de la beauté est inséparable du zèle pour la vérité doctrinale. Il ajoutait qu’on trahit plus souvent la vérité des dogmes par l’affadissement du goût que par de pures erreurs de l’esprit.

L’influence douce et régulière de la liturgie crée une atmosphère où une certaine tenue de l’âme et du corps, un sens harmonieux des moindres gestes, une certaine façon de se vêtir, de parler, de s’incliner, finissent par faire de toute l’existence chrétienne une liturgie continuelle en présence de Dieu.

Dans trop de liturgies, la banalité, l’impréparation, les paroles incessantes - celles du célébrant autant que celles des fidèles appelés à chanter du début à la fin - le fait de vouloir absolument tout voir, tout entendre, tout cela nous donne de rencontrer les autres qui sont venus à l’église mais rarement le Seigneur que nous cherchons.

Trop souvent, les agitations du célébrant nous dissimulent la présence de Dieu ; trop souvent les chants ne nous permettent plus d’écouter le silence bienfaisant de la présence divine ; trop souvent les virtuosités de l’organiste couvrent les harmonies apaisantes de la liturgie. Dans nos façons de célébrer la liturgie, tout est à revoir de A à Z. Et ce n’est pas “revenir en arrière” que de permettre aux fidèles de retrouver l’essentiel. C'est, au contraire, aller de l'avant en marchant sur une voie mieux balisée menant à Dieu.