29/04/2017 - Evangélisation par la Messe

Evangélisation par la Messe

A travers la célébration de la Messe, l’Eglise offre à Dieu le culte parfait. Elle transmet aux hommes les trésors de la grâce et leur enseigne les vérités de la foi. La Messe est une œuvre évangélisatrice, destinée au plus grand nombre, appelé à entrer dans le mystère de Dieu. Si le Christ a institué la Messe et a envoyé ses apôtres évangéliser le monde, c’est qu’il a voulu faire de ce mémorial la source intarissable à laquelle l’Eglise puiserait tout au long de son histoire. 

Le Catéchisme de l’Eglise (n° 1124) rappelle que « la foi de l’Eglise est antérieure à la foi du fidèle, qui est invité à y adhérer. Quand l’Eglise célèbre les sacrements, elle confesse la foi reçue des Apôtres. De là, l’adage ancien : « Lex credendi, lex orandi » (ou « Legem credendi lex statuat suplicandi » selon Prosper d’Aquitaine, ep. 217 : PL 45, 1031) (5ème siècle). La loi de la prière est la loi de la foi, l’Eglise croit comme elle prie. La liturgie est un élément constituant de la sainte et vivante Tradition (cf. DV 8)

Afin d’exprimer au mieux la foi, l’Eglise codifie le culte qu’elle célèbre par le ministère des prêtres. Son contenu est si précis qu’il doit être exprimé avec le plus grand soin. En effet, un écart de vocabulaire ou l’emploi d’un synonyme mal choisi peut altérer le sens de la célébration et troubler les fidèles. Seule l’Autorité suprême et légitime, en puisant dans le trésor de la Tradition vivante de l’Eglise, peut apporter des « modifications » aux rites. Celles-ci ne sont pas à appréhender comme des changements mais plutôt comme des améliorations ou  des développements organiques de l’unique sacrifice de la croix perpétué à travers les siècles.

A travers les rites, l’Eglise dit la foi. La force d’une célébration unique dans le monde entier permet aux fidèles de communier dans la même adhésion aux mystères du Credo. Bien sur, il existe une légitime diversité liturgique (différents rites). Le Missel romain propose également  plusieurs possibilités de prières mais cette diversité ne peut s’exercer que sous le contrôle du Magistère. La Messe bien célébrée, selon les règles du Missel témoigne de l’unité de foi de l’Eglise et rend visible la finalité du Peuple de Dieu. A contrario, une Messe « bricolage », changeante et « évolutive » n’exprime plus la foi de l’Eglise mais uniquement les idées du moment mises en œuvre par certains prêtres et des « équipes liturgiques ». Le résultat est affligeant : des pseudo-célébrations vidées de toute substance et qui s’éloignent parfois dangereusement de la foi de l’Eglise. Les exemples sont légions ! : Prières eucharistiques inventées et alternées par le prêtre et les fidèles, ou changements des paroles de la consécration. Ainsi, un prêtre disait : « Ceci est le symbole de mon corps livré pour vous... » à la place de « Ceci est mon corps livré pour vous... » Un seul mot change tout et la foi est trahie... dans l’indifférence quasi-générale.

Le renouveau de l’Eglise dans nos pays passera inévitablement par un renouveau liturgique tenant compte de l’évolution progressive du Missel romain. L’avenir ne se trouve jamais dans un repli sur une forme ancienne mais dans l’acceptation joyeuse de ce que l’Eglise demande. Il s’agit d’un acte de foi en l’assistance du Saint-Esprit qui veille sur le Peuple de Dieu et qui régénère la Messe de façon constante au long des âges. Accepter cela, c’est faire œuvre d’évangélisation, c’est entrer dans une dynamique de confiance envers l’Institution voulue par le Christ.