02/08/2017 - L'Eglise "aux mille visages"...

L' Eglise aux "mille visages"...

Internet permet de découvrir la situation religieuse de nombreux diocèses, de congrégations et de séminaires. Souvent, en quelques minutes, il est possible de saisir les points d’insistance, les orientations pastorales et les priorités. Les photos et vidéos sont souvent suggestives… Si on considère que le web est une vitrine, il est utile de poser un regard critique sur la situation pour comprendre la crise que traverse l’Eglise.

Il faut reconnaître que la plupart des sites diocésains sont effrayants ! Ne parlons pas de la forme (beaucoup de sites sont créés par des professionnels et sont visuellement de bonne facture) mais du fond. Il faut, hélas, reconnaître que le message présenté est flou et qu’il est quasiment impossible de trouver des exposés doctrinaux clairs et facilement abordables par un grand nombre. Les seules allusions « religieuses » servent  à justifier une pastorale à bout de souffle « fleurant bon » les années 80… A quelques rares exceptions, le discours est vide et lassant tant la répétition des rengaines « entraide », « vivre ensemble », « écoute », « partage »… est récurrente.

En parcourant certains sites officiels, on peut se demander si un homme normalement constitué a envie de rejoindre une institution qui se présente à lui de cette façon et qui affirme si timidement le contenu de sa foi. Il serait intéressant de recenser le nombre de diocèses où la doctrine catholique est exposée clairement. Souvent, on y trouve un ensemble de phrases alambiquées qu’il faut relire plusieurs fois pour y découvrir un message dilué. On peut faire le même constat en regardant les photos « clichées » qui sont présentées : lâché de ballons, ronde autour de l’autel, célébration dépourvue de toute transcendance, grands rassemblements style « union des pensionnés » et où les jeunes se comptent sur les doigts d’une main…

Sur ces sites, le « must » est de lire certains témoignages de prêtres heureux de vivre dans cette Eglise « aux mille visages ». On peut dresser une liste non-exhaustive des âneries qu’on y trouve : « Quelle joie de travailler ensemble en co-responsabilité avec d’autres chrétiens » , « Le prêtre n’est plus au centre de la Communauté, c’est ensemble que nous cherchons un sens à la vie et que nous cheminons », « la diversité liturgique est une richesse, chacun est acteur de l’Eucharistie », « Nous vivons une époque passionnante car le manque de prêtres nous permet d’explorer d’autres façons d’être chrétien », « la catéchèse n’est pas un savoir à transmettre, mais une expérience »…

On peut supposer que les rédacteurs choisissent scrupuleusement les auteurs de telles niaiseries si éloignées d’une saine spiritualité sacerdotale. Malheureusement, et malgré la crise des vocations, de nombreux diocèses continuent de promouvoir une pastorale sans lendemain et un profil de prêtre, qui fort heureusement, s’épuise à grande vitesse. Si par malheur, un jeune se présente au séminaire et remet en cause le fonctionnement du système, il sera vite éjecté et jugé inadapté à la situation actuelle. Un supérieur de Séminaire avouait avec fierté qu’il avait accepté 2 candidats sur un total de 10 demandes… On peut comprendre que certains candidats ne soient pas acceptables mais, dans pareilles situations, on peut légitimement interroger les deux parties et se demander qui est le plus inadapté.

La plupart des jeunes qui pensent à la vie sacerdotale ne veulent pas d’un christianisme mou et fade. Ils attendent une parole forte, capable d’enthousiasmer toute une vie. Ils souhaitent se donner totalement pour être configurés au Christ et pas pour « faire tourner » une pastorale desséchante. Dans certains cas grotesques, un jeune homme qui entre au séminaire rencontrera un supérieur sans signe distinctif et affublé d’une paire de sandalettes qui lui parlera de tout (expériences, réunions, « nouvelle vision du sacerdoce » …) sauf du Christ ! Dans ces conditions, il faut être vraiment motivé pour entrer… et ne pas se sauver en courant. Que de bonnes vocations ont été perdues par le manque de discernement de ceux qui ont pourtant reçu cette mission…

Rappelons une évidence. Cette Eglise « aux mille visages » n’existe pas ! L’expression est utilisée pour justifier les déviances doctrinales de ceux qui n’acceptent que leurs diversités et qui pratiquent cet adage : « Ma différence je te l’impose… Ta différence, tu te la gardes ! »  L’Eglise n’a qu’un visage, celui du Christ ! Sa Parole transcende toutes les pastorales qui n’ont de sens que si elles sont au service d’une véritable évangélisation. Si un système ne porte pas de fruit, il faut avoir le courage de le confronter à la Parole de Dieu et à la Tradition vivante de l’Eglise.

Le prêtre lui aussi n’a qu’un visage, celui de l’Eglise catholique. Sa sensibilité est secondaire. Il doit enseigner, vivre et célébrer comme le demande l’Eglise dans laquelle il sert le Christ. Les jeunes, en quête d’absolu, ne s’y trompent pas en se tournant vers de nouvelles congrégations qui répondent à ces critères au détriment de nombreux diocèses empêtrés dans des plans pastoraux foireux.