12/01/2018 - Ad orientem

Ad orientem

La célébration « dos au peuple » est souvent associée à la forme extraordinaire du rite romain, tandis que la Messe « face au peuple » est présentée comme une exigence du missel de Paul VI. Cette vision simpliste est évidemment fausse. Il ne s’agit pas d’être « dos » ou « face » au peuple. Il s’agit de favoriser une célébration tendue vers le Seigneur. Dans ce sens, l’Eglise permet divers aménagements d’un lieu de culte et la question de l’orientation de l’assemblée n’est pas liée à un rite particulier. Rappelons que l’autel de Saint-Pierre de Rome est orienté, tout en étant « face au peuple »… Il s’agit donc de trouver un équilibre qui permet l’ouverture de l’assemblée vers un horizon qui la transcende.

Loin de toute polémique, Benoît XVI, alors Cardinal Ratzinger, développe ce point dans « L’esprit de la liturgie ».

« La liturgie de la Parole justifie le face-à-face du lecteur et des auditeurs. Durant le chant ou la lecture méditative des psaumes, les fidèles assimilent la parole biblique, l'accueillent en eux-mêmes et la transforment en prière d'action de grâces. En revanche, l'orientation commune vers l'est pendant le canon demeure essentielle. Il ne s'agit pas d'un élément accidentel de la liturgie. L'important n'est pas de regarder le prêtre mais de tourner un regard commun vers le Seigneur. Il n'est plus question ici de dialogue mais d'une commune adoration, de notre marche vers Celui qui vient. Un cercle fermé n'est donc pas une forme capable de traduire l'élan commun qui s'exprime dans une même direction de prière. »