28/01/2018 - Serviteurs de la liturgie

Serviteurs de la liturgie

Dans certains milieux « conservateurs », on parle souvent de « réforme » de la réforme. Une telle expression laisse directement entendre que la restauration liturgique issue du Concile Vatican II présente des lacunes qu’il convient de corriger. La liturgie étant un organisme vivant au sein de l’Eglise, il est tout à fait possible et probable que celle-ci restaure à nouveau le missel dans le futur, mais cette question n’est pas pour l’instant à l’ordre du jour ! Il est donc contraire au véritable esprit liturgique d’entreprendre à l’échelle locale une réforme de la réforme, comme le prônent certains ecclésiastiques. Ce faisant, ils font eux aussi du bricolage liturgique en intégrant dans le missel de Paul VI des éléments de l’ancien rite.

Sur cette pente, la question est de savoir où s’arrêter et sur quels critères effectuer le tri. Ainsi, certains prêtres empruntent l’offertoire de l’ancien missel en lieu et place de l’actuelle présentation des dons. D’autres intègrent des rubriques du missel de saint Pie V dans le missel de Paul VI. Avec les meilleures intentions, la célébration est « trafiquée » et ces prêtres de bonne volonté tombent dans le même écueil que celui qu’ils dénoncent habituellement chez les autres.

En liturgie, il faut sans cesse garder à l’esprit que ce n’est pas le prêtre individuellement qui établit ses règles, mais qu’il est appeler à convertir ses aspirations pour entrer dans une célébration dont il est le serviteur. Même s’il juge que telle traduction présente des lacunes, même si tel ou tel geste semble édifiant, il ne lui revient pas d’introduire des modifications qui nuisent à la catholicité du rite. C’est certainement l’aspect le plus crucifiant et sanctifiant de la liturgie. Le prêtre apprend à dépasser ses aspirations pour vivre dans l’obéissance ce que l’Eglise lui demande.

Cette attitude n’est possible qu’à travers l’étude de la liturgie. Si l’Eglise a demandé la révision du missel romain et des sacrements, ce n’est pas pour que des rites aujourd’hui révolus soient réintroduits dans la liturgie, par ignorance, par esthétisme ou par nostalgie. Chaque prêtre et chaque fidèle est appelé à entrer dans l’intelligence du missel, à en déployer et à en vivre toutes les potentialités.