25/03/2018 - Ringard !

Ringard

La liturgie célébrée à l’occasion de grandes célébrations diocésaines est révélatrice de l’état spirituel (et mental !) d’un diocèse. Celle-ci est en quelque sorte la vitrine de l’Eglise locale qui se donne à voir à travers le culte. Pour analyser la situation, il n’est pas nécéssaire de faire le tour des cathédrales pour se forger une opinion… En quelques clics, sur Internet, vous pouvez voir le meilleur mais également le pire, à travers des vidéos officielles produites et mises en ligne par les responsables diocésains.

Il faut reconnaître que, fort heureusement, il y a de « très bons élèves » ! Ce sont les diocèses qui mettent en oeuvre la liturgie restaurée par le concile Vatican II : chants de bonne qualité musicale, grégorien, missel romain, attitude digne de la plupart des ministres, ornements classiques tout en évitant le désuet, prédication doctrinale solide… Dans ces diocèses, il y a encore des vocations et des séminaristes assurent dignement le service de l’autel.

A l’opposé, certains diocèses semblent figés dans les années 70 et 80 où toutes les innovations semblaient permises au nom d’une « adaptation au monde ». Dans ce domaine, que n’a-t-on pas fait ! Au nom du concile que la plupart n’ont pas lu, que de prêtres ont martyrisé la liturgie ! Dans certaines célébrations diocésaines, hélas encore à notre époque, loin des rubriques du missel romain, la liturgie est trafiquée par des équipes d’animation liturgique (l’appellation en dit long…). Celles-ci   continuent d’inventer des « gestes parlant » pour être soit disant adapté à un public de soixante-huitard attardé qui rêvent d’une Eglise à leur image. Dans ce domaine hélas, la « créativité » est toujours de mise… Et quand on pense avoir touché le fond, on s’aperçoit qu’il y a toujours un fond après le fond… !

Récemment, lors d’une célébration diocésaine, un prêtre d’une cinquantaine d’année en pull jaune avec une étole multicolore animait les chants à l’aide d’une guitare. Entouré de banderoles, de confettis et de ballons gonflés, ce produit « fin de série » faisait figure de jeune premier devant un public majoritairement du troisième âge. C’est un fait, pour ces « acteurs liturgiques », une célébration est « festive » quand il y a des ballons, une guitare, et des jeunes sortis de nulle part, parachuté pour l’occasion, qui participent à une procession des offrandes dont ils ignorent le sens. Le pire, c’est qu’en voulant faire « jeune », les responsables de ces pitreries présentent un christianisme affadi et vidé d’élévation spirituelle. Le résultat est sans appel : le vide appelle le vide… et chaque année, le nombre de « spectateurs » diminue. Pour se consoler, on attribue ce phénomène à la crise religieuse que traverse l’Europe… mais sans réaliser que ce genre de célébration ne christianise même plus ceux qui y assistent encore.

Dès lors, comment expliquer que certains diocèses en sont encore là ? Il y a une explication assez simple. Cette situation est partiellement due au non-renouvellement du clergé. Faute de relève sacerdotale capable de changement, les prêtres qui ont tout abandonné : tenue ecclésiastique, missel romain, catéchisme, liturgie bien célébrée… sont toujours en poste et continuent de faire comme ils font depuis 40 ans… Les mêmes causes produisent les mêmes effets et engendrent des désastres. C’est un cercle vicieux… Bien plus, les jeunes qui entrent dans les séminaires sont habituellement classiques et fuient ces diocèses sinistrés, ce qui les enfoncent encore plus dans une fuite en avant qui les conduit droit dans le mur.

Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir où vont les jeunes qui fréquentent encore les églises ou les nouveaux convertis. Bien sûr, il ne faut pas faire de généralités mais les faits traduisent quand même une certaine constante.

Pour le bien des âmes, il est temps d’ouvrir les yeux et de proposer aux chrétiens une liturgie digne, telle que voulue par l’Eglise. Il y va de la crédibilité du christianisme qui a trop souffert d’initiatives liturgiques douteuses qui enlaidissent et désacralisent le culte divin.

Peut-on rêver ? Quand donc rangera-t-on définitivement les panneaux en frigolite, les fleurs en cartons et les clowns dans les placards d’une pastorale qui n’a porté aucun fruit. Certains diocèses l’ont fait… D’autres croient toujours que ces « artifices » sont liturgiquement indispensables, et meurent de cet aveuglement.