27/05/2018 - Première communion, profession de foi....parlons-en !


Première communion, profession de foi… parlons-en !

C’est traditionnellement pendant le mois de mai qu’ont lieu les premières communions et les professions de foi. Ces célébrations sont souvent synonymes de foire, de bruits et de bricolages liturgiques de mauvais goût.

Une analyse lucide de la situation s’impose ! En effet, cela fait des décennies que, dans la plupart des paroisses, se succèdent des groupes d’enfants « non pratiquants » qui, la célébration finale terminée, ne remettront plus les pieds à l’église avant longtemps. Pour tenter de les fidéliser, les équipes pastorales semblent prêtes à tout (ou presque… !). Ainsi, des « parcours catéchétiques » sont taillés sur mesures et les rescapés d’une catéchèse infantilisante sont invités à participer à l’incontournable messe des familles.

L’intuition de base est louable. Malheureusement, la plupart des enfants, accompagnés bon gré mal gré de leurs parents, assisteront à des célébrations « créatives », soit disant adaptées… mais à qui et dans quel but ? Car si la finalité est de transmettre la foi et de faire entrer des « non-pratiquants » dans la célébration liturgique, il est impensable de rendre celle-ci conforme à la mentalité des participants. Au contraire, le travail catéchétique consiste à former les enfants et leurs parents pour les rendre familiers à la liturgie de l’Eglise. Or, dans beaucoup de cas, les paroisses proposent des célébrations « fourre-tout » et modulables.

Evidemment, dans ce contexte, il ne restera rien en proportion des efforts déployés. Et les équipes de catéchistes continueront à s’épuiser, proposant du vide à des gens qui ne viennent que « consommer » des « rites de passages » quand ils le veulent et comme ils le veulent. A force de tout adapter et de rendre les célébrations fidèles à l’esprit du monde, celles-ci deviennent insipides et ne servent que de prétexte à des mises en scène grotesques.

En effet, pour soi-disant mettre les enfants à l’honneur, tout est faisable : mots d’accueil et en tous genres bredouillé péniblement par les enfants, panneaux, fleurs en papiers, farandoles… le tout sous les objectifs d’une horde de photographes dans un brouhaha assourdissant.

Comment en est-on arrivé là ? Historiquement, les célébrations de premières communions et de professions de foi étaient destinées évidemment aux enfants catholiques et pratiquants. Il ne faut pas oublier que toute la société était imprégnée de la foi chrétienne et que le quotidien était rythmé par l’Eglise. Dans la plupart des villages, la pratique religieuse était majoritaire.

Ce contexte a changé, et les familles pratiquantes sont devenues minoritaires. Dès lors, comment peut-on continuer de proposer des célébrations « de masse » dans un climat qui n’est plus ni croyant ni pratiquant ? Comment peut-on donner une « première communion » quand on sait très bien qu’il n’y en aura pas de seconde ? Comment proposer une « profession de foi » à des adolescents qui ne viennent à la messe qu’une fois par mois, à l’occasion d’une « caté-messe » sans lendemain ?

Bien sur, il faut proposer largement, mais pas n’importe quoi et à n’importe qui ! Le parcours religieux appelle une certaine exigence et le but pastoral n’est pas d’adapter la foi et les célébrations pour plaire à la majorité. Il s’agit de semer… mais dans des circonstances qui favorisent l’éclosion. Ne faut-il pas privilégier la qualité plutôt que de distribuer des invitations « toutes-boîtes » qui n’attireront que des gens qu’on ne voit ni avant, ni pendant, ni après.

Un tel propos n’est-il pas défaitiste ? Non, il est réaliste ! En effet, il est préférable de former le petit nombre afin que celui-ci soit convaincu et convaincant plutôt que de brasser de l’air avec des gens qu’il faut trainer… C’est un pari d’avenir mais il est cohérent et il mérite d’être sérieusement envisagé.

Dans ce domaine, les paroisses ont tout a y gagner ! En effet, continuer comme on le fait ne produit aucun résultat. Les églises se vident et les enfants désertent les célébrations dès le lendemain des communions. Proposer un cheminement cohérent, véritablement liturgique, en étant clair sur les exigences de la foi et sans en brader le contenu est un choix ambitieux. Appliquer ce programme simplement réduira vraisemblablement le nombre de candidats… mais les premières communions et les professions de foi redeviendront ce qu’elles ont cessé d’être dans beaucoup d’endroits : des célébrations de la foi.